jeudi 24 mai 2012

Les impressions de Fabrice Sorin, propriétaire du Nacira 781, sur la Transat Charente Maritime Bahia 2012

     
Comment s'est passé cette Transat ? 

C'est une Transat qui a été marquée par une météo peu habituelle à cette saison de l'année sur l'Atlantique. Sur la 1ère étape le dégolfage c'est fait dans les petits airs avec des vents faibles et très variables en direction. La seconde partie de cette étape a été pour moi plus musclée avec la traversée de 2 fronts que j'ai volontairement été cherché à l'Ouest pour trouver la bascule si désirée qui n'est jamais venue, résultat 48 heures avant l'arrivée à Madère en 3ème position, mais j'ai fini au près bâbord amure quand mes camardes de jeux plus à l'Est finissaient débridé. Résultat une piètre 12ème places pas vraiment dans les objectifs.
La deuxième étape a été passionnante, là encore les conditions météo d'Alizées n'étaient pas au rendez-vous, beaucoup d'orages violents des rafales jusqu'à 50nds, avec de nombreux changements de voiles. Après la ZIC mon positionnement sur la flotte était plutôt favorable, étant plus à l'Est je pouvais envoyer mon gennaker et ainsi profiter de l'Alizées de Sud-Est plus tôt que la majorité de la flotte. Je savais également que le Nacira grâce à son bouchain irait beaucoup plus vite que les Pogo 2. Malheureusement c'était sans compter sur des soucis de safrans dès que j'ai commencé à attaquer sous gennaker. La seule solution a été de réduire la toile et de voir tranquillement mes petits camarades qui ont fini 1er et 2ème partir. A la final j'arrive 8ème sous 45nds avec une très grosse déception. 
 
Quel bilan tires tu de ton expérience sur le circuit mini ? 
 
Voici maintenant 12 ans que je cours sur le circuit et à chaque nouvelle épreuve, c'est la même étincelle qu'au premier jour. C'est probablement les seules courses qui permettent de mélanger amateurs et professionnels et d'acquérir de nombreuses connaissances, techniques, psychologiques, nutritionnelles, médicales ... Mon statu de pur amateur ne me permet pas de passer suffisamment de temps sur l'eau et de progresser rapidement mais les nombreux milles en solitaire effectués depuis toutes ces années me permettent parfois d'accrocher les meilleurs, et là c'est que du bonheur. 
 
Comment analyses tu ton choix d'avoir opter pour le Nacira ?

En 2009 quand j'ai décidé d'acheter un autre mini, je ne me voyais pas repartir sur un Pogo 2 et malheureusement je n'ai pas suffisamment de temps pour naviguer en proto. J'ai trouvé le Nacira intéressant avec son bouchain et son plan de pont très réussi. Après 3 ans, ce choix c'est révélé positif et la famille Nacira n'a pas fini de grandir avec une concurrence quasi inexistante. 
 
Quels sont tes souvenirs impérissables avec ton bateau ?

Un retour de Transgascogne au près avec le couteau dans les dents et ne jamais rien lâcher.
Une arrivée par 35 - 40nds sous spi dans la baie de Salvador
Les magnifiques surfs à 18nds sous spi une nuit de pleine lune sur une houle longue et portante
Un départ de Transat à La Rochelle avec sur un bateau accompagnateur les 40 salariés de ma société Cartoffset et j'ai compris dans leurs regards la puissance de l'émotion et la passion que pouvait susciter nos embarcations

Quels sont tes projets ?

Après avoir pris la décision de conserver mon bateau au retour du Brésil, je m'engage en 2012 sur 3 courses d'avant saison et les Sables Les Açores. Le nouveau parcours de la transat me tente pour 2013.
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mardi 8 mai 2012

La Trinité Plymouth : nouveau podium Full Nacira

Crédit Photo : S.Gaspari/Teamwork
Avec la victoire de TeamWork (Justine Mettraux et Milan Kolacek) sur la nouvelle course en double (La Trinité Plymouth : 280 milles), c'est un nouveau succès pour la classe des Nacira sur le circuit des Mini 650 de série. Justine et Milan coupe la ligne d'arrivée en vainqueurs le lundi 7 mai 2012 à 20h57, tandis que l'on retrouve à la 2nde place son compatriote Simon Koster (GO4IT) épaulé par Nils Palmieri, puis 38 minutes plus tard Eric Cochet et Davy Beaudart (Cocoche Minute).
Ils rééditent la performance de la Demi Clé en offrant au Nacira toutes les places du Podium. On retrouve aussi Damien Cloarec et Stéphane Gresset à la 5ème place sur le tout dernier Nacira mis à l'eau (à la dernière minute car le bateau a touché l'eau moins de deux jours avant le départ, ce qui prouve la qualité de l'équipage et le degré de finition du bateau sortie de chantier).
La flotte a profité d'un vent de sud sud ouest d'une quinzaine de noeuds pour longer la pointe bretonne, puis traverser la Manche au portant pour rejoindre Plymouth. Les coureurs ne pouvaient rêver mieux pour cette première édition organisée par la Société Nautique de la Trinité sur mer sous l'égide de Yves Le Blévec.

With the victory of TeamWork (Mettraux Justine and Kolacek Milan) on the new double-handed race (Plymouth-La Trinité sur mer: 280 miles) is another success for the class of Nacira on the 650 Mini Circuit (production boats). Justine and Milan cut the finish line as winners Monday, May 7, 2012 at 8:57 p.m., while found in 2nd place his compatriot Simon Koster (go4it) supported by Nils Palmieri, then 38 minutes later Eric Cochet and Davy Beaudart (Cocoche Minute).

They reissued the performance of the Demi Clé offering to
Nacira all places of Podium. We also find Damien Cloarec and Stephane Cresset in 5th place on the latest Nacira launched (at the last minute as the boat hit the water less than two days before departure, which proves the quality of crew and the finishing of the boat out of the yard).

The fleet took advantage of a southwesterly wind of fifteen knots to skirt the tip of Brittany, then
downwind across the Channel to join  Plymouth. The sailors could not ask for more for this first edition organized by the Société Nautique de la Trinité sur mer under the aegis of Yves Le Blévec.

La Trinité Plymouth (20 partants) classement Nacira
1er : TeamWork (Justine Mettraux / Milan Kolacek)
2ème : GO4IT (S. Koster / N.Palmieri)
3ème : Cocoche Minute (Eric Cochet / Davy Beaudart)
5ème : Damien Cloarec Cherche Sponsor (D.Cloarec / S.Cresset)
9ème : Netwerk (B.Bossyns/K.Willaert)
10ème : Shanawdithit (R.Victorri/J.M.Odriozola)

mercredi 25 avril 2012

Select 650 2012 : Nouvelle victoire du Nacira 650


Après le coup de tonnerre du podium de la Demi Clé, on retrouve à nouveau un Nacira 650 sur le podium, et en première position qui plus est : il s'agit de "Tout le Monde Chante contre le cancer" skippé par Aymeric Belloir. On retrouve un autre Nacira à la 5ème place, Simon Koster sur "Go 4 it". Des conditions bien musclées lors de cette Select 650 2012, sont à l'origine de nombreux abandons. 

Depuis 2011, ce sont pas moins de 5 podiums et 4 victoires pour les Nacira. En 2012, toujours plus présent sur le circuit, ils continueront sans aucun doute de faire parler d'eux . D'autant plus qu'il est à présent indéniable que le bateau est performant dans toutes les conditions (pour rappel, la Transgascogne retour était un long bord de près dans du vent très léger, quand cette Select 650 fut une course de baston enchainant près et portant dans la brise). La polyvalence du bateau semble maintenant faire l'unanimité, et ses points forts ont été révélés lors de la Demi Clé (domination sans partage du Nacira 650).

Prochaine course le 7 mai : La Trinité - Plymouth en double.

Crédit Photo : B.Bouvry / CNBPP

After the thunder of the podium in Demi Clé we again find a Nacira 650 on the podium in first place : "Tout le Monde Chante contre le Cancer" skippered by Aymeric Belloir. We find another Nacira in 5th place, Simon Koster on "Go 4 it." Extremely strong wind at this Select 650 2012, is causing many retirements.

Since 2011, no fewer than five podiums and 4 wins for Nacira. In 2012, increasingly present on the circuit, they will no doubt continue to be at first place. Especially since it is now undeniable that the boat is performing well in all conditions (remember, the Transgascogne return was a long upwind in very light wind, when the Select 650 was a race upwind and downwind with strong breeze). The versatility of the boat now seems to be unanimous, and strengths were revealed during the Demi Clé  (undivided domination of Nacira 650).

Next Race May 7: The Trinity - Plymouth in two handed.

lundi 16 avril 2012

Carton plein des Nacira sur la Demi Clé 650 2012

C'est un fait historique, après avoir occupé de nombreux podiums sur la saison 2011, le Nacira 650 a bousculé la suprématie du Pogo2 avec un podium 100% Nacira sur la Demi Clé 650 2012 qui s'est achevé hier matin, . Ils étaient donc 9 Nacira au départ de Locmiquélic le samedi 14 avril, et l'on retrouve 4 d'entre eux dans le top10, dont toutes les places d'honneurs. La victoire revient à Justine Mettraux et Etienne David sur Team Work, qui précède le GoforIt de Simon Koster et Loïc Forestier, deux équipages 100% Suisse. Les conditions n'avaient rien de Lémaniques, ce qui prouve une fois de plus la qualité des marins suisses. Le troisième bateau est Samy, de Yann Sommer de Gélicourt et Damien Cloarec. A noter que Damien sera l'heureux skipper du prochain Nacira à sortir du chantier, fin avril.

Bravo une fois de plus à tous les équipages pour ce podium 100% Nacira.

This is a historical fact, after having held numerous podiums on the 2011 season, the 650 Nacira threatened the supremacy of Pogo2 podium with a 100% Nacira on Demi Clé 650 2012 which ended yesterday morning. So they were leaving nine Nacira Locmiquélic Saturday, April 14, and found four of them in the top10, including all places of honor. Victory goes to Justine Mettraux and Etienne David on Team Work, which precedes the GoforIt Simon Koster and Loïc Forestier, two crews Switzerland 100%. The conditions were anything but Lémaniques, proving once again the quality of Swiss sailors. The third boat is Sammy, Yann Sommer Gélicourt and Damien Cloarec. Note that Damien will be the  skipper of next new Nacira (handover in late April).

Congratulations
again to all the crews for this 
100% Nacira  podium.

samedi 7 avril 2012

Mise à l'eau des Nacira 16 et 17

 Le mercredi 4 avril, le Nacira 830, 17ème exemplaire de la série, a touché l'eau sous le regard ému de son propriétaire Rodolphe Victorri, résident de St Pierre et Miquelon. Deux semaines avant lui, le Nacira n°16 de Yann Sommer de Gélicourt prenait contact lui aussi avec l'élément liquide. Dans quelques jours, ce sera au tour du 18ème exemplaire de rejoindre ses petits camarades. La production en série du Nacira, dont les victoires sur le circuit 2011 ont marqué l'avènement, est définitivement lancée et la chaine de production du chantier FR Nautisme pleinement opérationnelle et performante.

La réussite de la série est marquée par la présence de plus en plus marquée des Nacira 650 sur les courses du circuit 2012, avec pour les premières inscriptions, pas moins de 8 bateaux sur la Demi Clé et 10 bateaux sur la Select 650. C'est une véritable réussite pour le chantier FR Nautisme dont il faut saluer la qualité du travail, et l'implication de toute l'équipe. Ils ont rendu possible la délicate équation de livrer un bateau de série en qualité custom.


Launching of Nacira 16 and 17


Wednesday, April 4, the Nacira 830, 17th copy of the series, hit the water in the sight of his owner moved Rodolphe Victorri , a resident of St Pierre and Miquelon. Two weeks before him, the No. 16 Nacira owned by Yann Sommer de Gélicourt also made ​​contact with the liquid element. In a few days, it will be the turn of the 18th copy of joining his classmates. Mass production of Nacira, whose victories on the circuit in 2011 marked the advent, is finally launched and the chain of production of the yard FR Nautisme fully operational and efficient.

The success of the series is marked by the presence of increasingly sharp Nacira 650 racing circuit 2012, for early registration, no fewer than eight boats on the Demi Clé and 10 boats on the Select 650. This is a real success for the yard FR Nautisme that should be praised by the quality of work, and involvement of the entire team. They made ​​possible the delicate equation to deliver a production boat as custom quality.

 

vendredi 2 mars 2012

Justine Mettraux, skipper du Nacira n°15 "TeamWork"

Photo : © Stéphanie Gaspari/TeamWork
Considérée comme l’un des espoirs de la navigation hauturière helvétique, la navigatrice genevoise rejoint les rangs de l’équipe de course au large TeamWork, qui s’était illustrée l’an passé en remportant la Transat 6,50. Justine Mettraux naviguera sur un voilier de série en passe de devenir une référence : le Nacira 650



Le nouveau voilier de Justine Mettraux TeamWork a été baptisé ce week-end à Lorient en compagnie de Philippe Rey-Gorrez, président de l’entreprise, d’Etienne David, responsable des projets voile chez TeamWork, ainsi que de la famille de Justine, dont le père est également le parrain du bateau.
Née en 1986, Justine Mettraux peut aujourd’hui être considérée comme l’un des espoirs Suisses de la régate hauturière. Elle s’investit à 100 % dans cet ambitieux projet depuis le début de l’année et a même pris ses quartiers à Lorient, nouveau pôle incontournable de la course au large en France. Navigatrice d’expérience malgré son jeune âge, elle collectionne les succès sportifs depuis plusieurs années, avec plusieurs victoires et podiums en championnats nationaux de Surprise ; une victoire au championnat d’Europe de Esse 8,50 ; une victoire au Bol d’Or Mirabaud ainsi que trois participations au Tour de France à la voile. Elle possède par ailleurs de sérieux acquis en navigation hauturière. Elle a déjà traversé le Pacifique Sud dans le sens Ouest-Est, et a navigué entre le Rio de la Plata et les très éprouvants canaux de Patagonie.
Justine Mettraux a commencé son programme d’entraînement fin janvier et s’entraîne via la structure Lorient Grand Large avec le coach très prisé Tanguy Le Glatin (Gitana Team, Dee Cafari, Sam Davies,…). «Justine a un excellent potentiel » confie Tanguy, qui a déjà pu observer la navigatrice pendant deux journées de prise en main sur son bateau. « On sent qu’elle a encore des habitudes liées au multicoque, et elle va devoir s’habituer au Mini. Mais elle a déjà de très bonnes bases, et va très vite au portant ».
Justine Mettraux reste quant à elle plutôt prudente sur ses premières évaluations : « Je ne me fixe pas d’objectif à ce stade de ma préparation. Je vais attendre les premières confrontations en avril pour me situer par rapport au reste de la flotte. Mon expérience me laisse penser que j’ai ma place et que je peux me démarquer, mais je ne veux pas brûler les étapes, ni me mettre trop de pression à ce stade. Je constate simplement que j’ai beaucoup de plaisir, ce qui me conforte dans le choix de me lancer dans cette aventure. »
Philippe Rey-Gorrez, le président de TeamWork, considère ce projet comme une continuité : « Nous sommes engagés dans la classe Mini depuis 2005, et David Raison a remporté la Transat 6,50 sur TeamWork Evolution à la fin de l’année dernière. Partir avec un voilier de série et une jeune régatière représente un nouveau défi, toujours cohérent avec notre philosophie ».
Etienne David, qui a disputé la Transat 6,50 2011 sur TeamWork (7ème au général) va faire profiter Justine de son expérience. Il compte la soutenir ponctuellement dans la gestion de sa préparation en participant notamment avec elle à la première course en double de la saison. « J’ai découvert Justine lors du Tour de France à la Voile. J’ai été marqué par ses compétences de marin et de régatier. Sa ténacité hors du commun m’a par ailleurs toujours impressionné ».
Justine Mettraux prépare la Transat 2013 sur un Nacira, un voilier de série dessiné par les architectes Axel DeBeaufort et Alexis Muratet. Quinze unités ont été construites à ce jour. Le bateau devrait se placer comme nouvelle référence dans la classe après le célèbre Pogo II (plan Finot/Conq), qui mobilise les premières places en monotype depuis 2003. Le Nacira TeamWork porte le numéro de course 824.
Ce nouvel objectif de Transat 6,50 2013 s’intègre dans le projet TeamWork voile et montagne, lancé début 2010. Celui-ci comprend, en plus du Mini 6,50, l’ascension des 82 sommets alpins de plus de 4000 mètres (55 gravis à ce jour) et la saison de Ventilo M2, avec un bateau engagé et un partenariat dans l’organisation du championnat qui se nomme désormais Safram TeamWork Speed Tour.

Calendrier des courses de la première partie de saison 2012 en Mini 6,50 pour Justine Mettraux

14-15 avril : Demi-Clé (environ 150 milles en double)
21-25 avril : Pornichet Select (300 milles en solitaire)
6-8 Mai : course entre La Trinité et Plymouth (250 milles en double)
13-20 mai : UK Fastnet (Plymouth) (environ 600 milles en double)
31 mai – 2 juin : Trophée Marie-Agnès Péron (250 milles en solitaire)
10-16 juin : Mini-Fastnet (600 milles en double)
20 juillet – 26 août : Les Sables – Les Açores – Les Sables (2200 milles en solitaire)

Un parcours qualificatif de 1000 milles (1850 kilomètres) doit par ailleurs être effectué par Justine avant la course Les Sables-Les Açores. Ce parcours représente une boucle entre l’île de Ré et le Sud de l’Irlande.

Photo : © Stéphanie Gaspari/TeamWork

vendredi 10 février 2012

Les impressions de Pascal Chombart de Lauwe, propriétaire du Nacira n°1

"Certains disent que c'est la plus solitaire des transats, je dirais plutôt que c'est la plus solidaire."
Pascal Chombart de Lauwe sur Xanlite

Pascal, peux tu nous dire comment s’est passé cette Transat 650 LaRochelle-Bahia, un peu spéciale d'un point de vue météo ?

Rétrospectivement très bien, même si les conditions ont été particulières. J’ai eu l’impression de faire une transat à l’envers. Je m’attendais à trouver du vent fort dans le golfe de Gascogne, ce fut la pétole ; du portant suivi par des alizés à partir du Portugal, ce fut du près quasiment jusqu’à Madère. Et ainsi de suite, même si il y a eu des beaux surfs du début de la deuxième étape jusqu’au Cap Vert. L’arrivée au brésil après deux jours au près part 25 nœuds sous la pluie complète ce tableau.
La vie à bord s'est bien déroulée, je dors et je mange très bien en mer même lorsque le vent et les vagues s'acharnent contre nos si petits bateaux comme ce fut le cas tout au long de cette traversée. Les contacts avec les autres coureurs furent aussi d’excellents moment d’amitiés
La seule bonne surprise météo fut le passage du poteau noir sans la pose habituelle, après il faut le dire une belle baston de 12h avec des vents du sud entre 42 et 48 nœuds.

Après tout ces milles, quel bilan tires-tu de ton expérience sur le circuit mini ?

Sur ce dernier point mes expériences précédentes en mini m’ont été très précieuses.  Je connaissais déjà bien mon bateau pour avoir effectué avec Xanlite près de 9000 miles  dans des conditions parfois très difficiles (notamment qualification en mer d’Irlande, 36h par 35 à 40 nœuds au près, 5 fois le mat dans l’eau). Donc j'avais confiance dans la machine bien préparée. La première étape correspondait à des distances parcourues lors de différentes courses et qualification auxquelles j'avais participées, notamment "les sables les Açores" en aout 2010. Par contre, la seconde étape représentait une inconnue non pas sur le parcours déjà effectué en 2005 sur un bateau accompagnateur de la même course, mais sur le fait de passer plus de 3 semaines seul au milieu de nul part. Toutes les courses effectuées durant mes trois années sur le circuit mini en Nacira (plus quelques courses en pogo 2 les années précédentes avec ma fille Marine) m’ont permis de découvrir ou redécouvrir une passion qui ne m’avait jamais lâché depuis plus de 40 ans. L’ambiance de cette classe est extraordinaire et le niveau des « ministes » m’a obligé à faire des progrès rapidement si je voulais rester dans le jeu.

Comment analyses-tu ton choix d’avoir opté pour le Nacira ?


Lorsque Corentin Douguet m’a appelé pour me signaler qu’il lançait la fabrication d’un nouveau mini, je lui ai demandé les plans. Ceux-ci m’ont  immédiatement convaincu. Un bateau puissant avec une portance supérieure aux autres séries, un plan de pont intelligent et efficace, un aménagement cohérent, et surtout,… il est beau. Tous ces points se sont révélés encore plus justes en mer. Le Nacira650 est sensible, pointu, et  il m’aura fallu un peu de temps pour dompter la « bête ».  A la fin de la transat, je commençais à sentir comment exploiter pleinement son potentiel. Si je devais refaire d’autres courses, je pense que j’obtiendrais de bon résultat.

Quelles sont les souvenirs impérissables avec ton bateau ?


Comme tous les ministes, des surfs délirants. Lors du retour des Açores, je suis resté 8 heures à la barre avec 30 à 35 nœuds de vents portant,  sous deux ris et petit spi. Deux pointes à plus de 18 nœuds, l’impression que le bateau allait s’envoler. Mais pas une seule fois le bateau a enfourné, c’était finalement très rassurant. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, durant la transat, le long du Portugal, au près par 15 à 20 nœuds de vent, ça tapait, ça mouillait, mais j’ai enfin réussi à le faire avancer mieux que la plupart des autre séries pendant plus de 24h. Je m’étais installé un petit coin douillet dans ma bannette, je lisais un bon bouquin et la « bête » avançait bien. Et bien d’autres encore, des couchers de soleil sous grand spi, et bien sur les dauphins et les oiseaux qui m’ont toujours accompagnés. Je finirais par mon dernier souvenir sur l’eau, mon arrivée à Salvador au petit matin. Un accueil merveilleux, ma femme, ma fille Lucile, mes amis,..le Brésil. Eric Tabarly disait que "le meilleur moment en mer, c'est l'arrivée au port". Donc il faut repartir pour encore et encore retrouver ce plaisir….

Tu as fait le tour en Mini, quels sont tes nouveaux projets ?

Participer à d'autres transats évidemment..
-Une transquadra dans 3 ans pour rejoindre les Antilles sur un JPK 10.10. Comme toutes les courses, la préparation nécessite au moins 2 ou 3 ans avec des épreuves qualificatives que j’envisage pour la plupart en double, mais je souhaite encore courir en solo. Le mini m’a fait découvrir combien j’aimais me retrouver seul au milieu de l’océan.
- Le mini va me manquer, mais à 54 ans ces petits monstres de plaisirs ne sont pas tout à fait raisonnables. Pour garder contact avec la classe mini, peut-être monter un équipage performant sur un bateau de course rapide pour accompagner une prochaine transat 650 en envoyant par iridium des photos et des films des concurrents au large.
       
"Le mini, une folie nécessaire !"
 Pascal Chombart de Lauwe
18ème Transat 650 2011